Ipoustéguy  

 

 
 

 

L'Homme construit sa ville


Matériau : Bronze.
Dimensions : h. 6,5 m ; I. 4,5 m ; pr. 20 m.
Place du Palais des Congres (ICC), Berlin, Allemagne (inaugurée le13 juillet 1980).
Le modèle en plâtre se trouve a l'école des Beaux-Arts de Pietrasanta, Italie.
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Sous la plante du pied levé, on peut lire :
« Une fois, une seule foi ».
« Fait comme cela doit être fait con buoni compagni Ipousteguy, Pietrasanta, 29 mai 1979 ».
Date 1978

 


En automne 1977, le sénateur Harry Ristock constitue un jury composé de membres de l'Institut d'Art de Berlin et d'associations artistiques, afin de décider de la sculpture destinée à animer le nord du parvis de l'Internationalem Congress Centrum (ICC), a Berlin. Un concours a lieu, et à quatorze voix contre deux, le jury vote, le 23 juillet 1978, en faveur du projet d'une œuvre déjà réalisée par Ipousteguy. Les autres candidats sont: Jean Tinguely, Rolph Szymanski, Alfred Hrdlicka, Engelbert Kremser, Ehepaar Matchinsky-Deninghoff et de Joachim Schemettau.
Suivant les vœux du commanditaire, le sénat de Berlin, les questions soulevées par ce concours sont rendues publiques. Le syndicat des artistes et plus précisément, une branche dénommée BBK (Berufsverband Bildender Kunstler), diffuse les informations concernant le choix de cette œuvre et les idées développées par Ipousteguy lui-même, dans un bulletin : KunstamBau. Le 2 décembre 1978, le sénateur Ristock signe le contrat avec l'artiste.
En 1979, la Staatliche Kunsthalle de Berlin présente la plus grande rétrospective de l'œuvre d'Ipoustéguy jamais réalisée : 242 pièces exposées, dont plus de 100 sculptures. Cette manifestation est organisée par Dieter Ruckhaberle. La même année le sculpteur réalise la statue monumentale.
Le projet de l'artiste pour cette commande est, selon ses propres termes, « une version » d'Ecbatane intitulée : L'Homme construit sa ville. L'histoire d'Alexandre le Grand a servi de source d'inspiration.
Parmi les critères de sélection, le symbole mythique auquel cette sculpture se réfère a été le sujet de controverses que la presse allemande a largement reprises, certains détracteurs n'hésitant pas à opérer des comparaisons entre le modèle autocratique d'Alexandre et celui d'Hitler.
Dans le projet propose par l’artiste, l'homme figure change peu, mais le point de vue n'est plus le même, il faut multiplier par quatre les dimensions et rééquilibrer les volumes, affiner les dessous de la sculpture. Un ours et un petit personnage viennent enrichir la ville.
En 1965, Ecbatane faisait suite à une commande du CIFOM, Centre d'Information des Fontes Moulées, crée par le Syndicat général des fondeurs de France et la Chambre syndicale des producteurs de fontes neuves. Celle-ci doit démontrer les possibilités du polystyrène expansé dans les techniques de moulage et de fonte. Si le thème est choisi par Ipousteguy, le matériau de la maquette grandeur nature lui est imposé.
Découper des plaques de polystyrène expansé, en projeter les points d'appuis pour repartir les noyaux de la structure, tel est le travail effectue. L'utilisation de cette matière fait prévaloir des lors un travail sur le fractionnement du volume, un montage par assemblage.
Les contraintes physiques, les dimensions de la porte de son atelier et plus tard cette volonté esthétique dans l'élaboration de certaines œuvres ont habitué Ipousteguy à ce genre d'exercice.
Du modèle Ecbatane en polystyrène dont le poids atteint six kilos, une version en fonte de deux tonnes et demi est tirée. Cette démonstration affirme l'élargissement des précédés de fonte adaptées à la sculpture monumentale.
Ipousteguy réalise les transformations d'Ecbatane en Italie, dans la cour de la fonderie Tesconi à Pietrasanta. Il bénéficie dans ce lieu des mêmes conditions d'orientation que L'Homme construit sa ville à Berlin. L'ensoleillement de la sculpture reste l'une des principales préoccupations de l'artiste pour son intégration au site de l'ICC.
Ipousteguy décide d'augmenter de quinze mètres la distance entre la sculpture et le bâtiment ICC, équivalent à l'éloignement de deux piliers. Il en limite ainsi la puissance et bénéficie d'un même éclairage pour la ville et l'homme. Le 13 juillet 1980, date de l'installation de la sculpture, l'artiste précise dans un discours :
« Je vous affirme, en tout cas, que cette réalisation n'est pas conçue en un face à face avec le Palais des congres et qu'elle se refuse à le défier comme certains l'auraient souhaite. « Je fais allusion ici aux interventions qui furent faites pour que la statue soit orientée différemment afin que le personnage se dirige vers l'édifice.
« Je m'en suis tenu a mon idée première car je pense que si un homme peut sortir d'une maison c'est qu'il a déjà eu la possibilité d'y entrer. Cela est évident alors que le contraire ne l'est pas. Car un homme peut pénétrer dans une maison et ne jamais en sortir. Cette maison se nomme une prison. Et je sais bien que dans votre esprit, gens de Berlin, ce palais de l'ICC est bien le contraire d'une prison. C'est un lieu éminent de libres rencontres et de concertations.
« Le personnage statufie sur la Vortplatz n'est donc ni un prisonnier honteux, ni un guerrier farouche. Ce n'est pas non plus un dieu, une idole, ni quelque délégué à notre soumission. Ce n'est qu'un homme.
« Un homme en train de se lever du sol pour se joindre a son œuvre : la cité. La cité que ses mains et son esprit contribuent à bâtir... »
Par ailleurs les défenseurs du projet, dont Dieter Ruckhaberle, à cette époque directeur de la Staatliche Kunsthalle, envisagent d'augmenter la hauteur de la sculpture de 6,60 m a 20 m. Pour des raisons financières, cet agrandissement n'est pas réalisé. L'homme construit sa ville possède néanmoins des dimensions monumentales. Le poids de 25 à 30 tonnes est reparti sur deux socles : un socle de 3 m sur 2 reçoit Alexandre, un autre de 2 m sur 2 supporte la ville.
L’obligation de développer l'œuvre en fonction de ces deux piliers porteurs était impérative puisque le projet de l'ICC comprend un parking prévu sous la sculpture.
Ipousteguy s'est assure de la résistance du bronze, en plaçant à l'intérieur de la ville une armature de fer recouverte de bronze.
Au moyen de photomontages, le sculpteur a pris en compte l'architecture de l'ICC, réalisée par Ralph Schuller et Ursula Schuller-Witte. L'intégration de la sculpture sur la Vortplatz est déterminée par les rapports de cette façade à laquelle Alexandre tourne le dos. La puissance de l'architecture de l'ICC met en valeur l'avancement du fronton et le découpage des rythmes de sa façade.
Dans le projet initial des architectes, deux passerelles joignent le bâtiment à un hôtel situé sur la place. Cette dernière se distingue par la disparité stylistique des constructions qui l'entourent. Parmi celles-ci figure une architecture de fer évoquant la Tour Eiffel dont les rythmes aériens répondent à ceux de la flèche.
Les thèmes soulevés par l'histoire d'Ecbatane, la dernière capitale perse de l'est de la Médie conquise par Alexandre au printemps de l'année 330 avant Jésus-Christ, mettent en valeur plusieurs caractéristiques de cette histoire mythique et réelle d'un homme face à une ville.
L'image du conquérant véhiculée par Alexandre devient celle d'un fédérateur qui adopte les mœurs des Perses et se distingue par sa volonté de pacification.

Le cadre et l'enjeu historiques portent sur Ecbatane, sur les principes de sa construction ouverte malgré ses sept enceintes et sur la dimension cosmique néanmoins humaine de son organisation. Dans Ecbatane, l’artiste développe cette thématique en représentant la ville par un volume sphérique divise en sept cercles et couvert descriptions de chiffres de 1 à 20. L'Homme construit sa ville en garde la même trame, mais enrichie de modifications.
La structure est beaucoup plus ouverte, privilégiant le point de vue en contre-plongée d'une ville idéale et stylisée, au symbole historique de la ville d'Ecbatane.
Le 5 mars 1979, Ipousteguy reprend la figure d'Alexandre à la fonderie Tesconi à Pietrasanta en travaillant sur le modèle en plâtre grandeur réelle. II poursuit son travail par la réalisation de la ville, en juillet et aout 1979. Le soudage des différents éléments est réalisé lors de l’installation de l'œuvre à Berlin, le 13 juillet 1980. Le litre L'Homme construit sa ville met en valeur révolution de l'homme dans un espace architectural lie à l'espace-temps à travers lesquels ils sont confrontés. Le présent, le passé et l'avenir sont les grilles de lecture de cette œuvre, qui associe la figure de l'homme à la ville.
Ipousteguy a augmente le caractère massif d'Alexandre en élargissant les épaules et les gangues dont il est enveloppé. La tête triplée est centrée à l'intérieur d'un casque divisé en deux parties symétriques.

La posture hiératique du personnage est accentuée par l'écrasement des formes autour des trois visages lui refusant ainsi toute possibilité de mouvement. L'ombre de ces gigantesques œillères masque parfois les détails des visages. Sa cuirasse est un emboîtement de plaques métalliques épaisses. Le dos se caractérise par une morphologie informe, d'où s'échappent le troisième bras et la manche qui lui est rattachée. La troisième main empoigne un bloc de métal carré, formant une sorte d'étau.
La jambe droite en plein élan, coupée à mi-cuisse, accentue l'importance de la liaison entre l'espace de la sculpture, le site urbain et celui du spectateur.
La cuisse repliée et le pied nu décollé du sol accompagnent le mouvement du bras et des mains dirigés vers la ville symbolisant la marche de l'homme.
Dévoilant les difficultés rencontrées pendant l'exécution du modèle en plâtre à grande échelle, Ipousteguy explique avoir recommence seize fois la cuisse et quatorze fois le p
ied. L'affirmation de la puissance monumentale d'Alexandre, en position de force face à la ville, s'exprime par le mouvement des mains. La position de la main gauche est décisive, dans la mesure où l'orientation de la paume et l'écartement des doigts évoquent un mouvement de préhension et de don. Les deux petites plaques découpées qu'elle renferme accusent le caractère inachevé de l'homme.
A l'opposé, les entailles du pied évoquent des cicatrices manifestant le pouvoir de destruction véhicule par cette force. Le mouvement de porte-à-faux de ce pied accompagne la dynamique sur laquelle la ville est construite.
La structure métallique de la ville en construction s'ordonne sur le mouvement ascendant de la « flèche ». Il part du pied de la sculpture pour se terminer en pointe. La ville se comprend comme un assemblage d'échafaudages entremêlés à une charpente, dont le noyau, qu'lpoustéguy nommé « château », est en fait une pyramide renversée. La rotation de cette structure sur elle-même procure la sensation d'un déséquilibré, accentué par la présence d'hommes, appelés par l'artiste « les soldats du travail ».
Les casques sont des éléments distinctifs de ces petites grappes humaines parsemées sur les parois de la structure étagée. Ces hommes paraissent emprisonnes dans des canaux. La lecture en est très visible pour les deux figures a la base de la pyramide tronquée et renversée, de même pour celle qui est isolée, installée sur son sommet. Ces canaux rappellent ceux utilises pour« l'alimentation » lors de la fonte du bronze. La chute de certains ouvriers du « château » participe à entretenir le cycle fermé animant la construction d'une ville, et pour l'artiste agrandissement et progression sont synonymes de destruction. Le thème du travail est ainsi associe a celui de la ville, dans une relation mêlant le cycle de la construction a celui de la destruction, dans un circuit visuel fermé. L'importance des plaques de métal apparait clairement dans les moyens que les ouvriers emploient à l'élaboration de la ville. La présence de lettres et de chiffres sur l'ensemble de la construction, sont des repères pour l'assemblage des plaques et des poutres.
L'affirmation de l'artiste, « la projection de l'homme, ce sont des nombres!» est aussi traitée sur un mode radicalement différent dans le bandeau portant l'inscription 213, arboré par la figure de proue de la ville : le personnage de Nante Eckensteher, Nante symbolise le héros d'Adolf Glassbrenner, il représente à la fois un Gavroche berlinois et un autoportrait d'Ipoustéguy. Cette figure populaire et celle d'un ours rappelant l'emblème de Berlin sont toutes deux des éléments offerts par l'artiste à la ville. Il explique lui-même l'effet produit par la figure de Nante dans l'introduction « d'une mesure de comparaison avec le personnage qui, de ce fait, semble plus grand encore. II sert aussi de cariatide, de support a la ville ». Eckensteher, que l'on peut traduire par celui qui regarde au coin de la rue, personnalisé un ouvrier chômeur commentateur politique et prend a contre-pied le thème du travail soulevé par L'Homme construit sa ville. Ce personnage est proche de notre Gavroche, par le gout de la dérision et nationaliste comme il se devait en 1848. D'autre part, pratiquement à l'échelle humaine, Nante coiffé d'une casquette est le personnage dont le spectateur peut se sentir le plus proche. Le clin d'œil ainsi que sa bonhomie rieuse lui donnent une distance plastique et une identité culturelle contrastant avec le reste de l'œuvre.
Ipousteguy une fois encore aime à intégrer l'enseignement de l'Histoire aux mythes universels.
L'Ours, qui tient une pomme de pin, se manifeste comme un détail anecdotique et symbolique, en tant qu'emblème de Berlin. C'est donc à la faveur de cette commande qu'Ipoustéguy aborde l'art monumental. A soixante ans, il relève le défi de ce travail gigantesque qui ne peut se réaliser qu'après une intégration parfaite du paysage urbain.
Ce grand projet de dix-huit mois, qui retranscrit l'image d'un homme en évolution, a séduit le sculpteur, et lui a permis de concrétiser ses méditations sur l'Antiquité et le christianisme.
Un film des cinéastes Jacques Kébadian et Franssou Prenant relate l'exécution, le transport et l'installation de cette sculpture monumentale qui a contribue à rendre célèbre Ipousteguy dans toute l'Allemagne et jusqu'en Europe centrale.

 

La mort de l'évêque

Matériau : Marbre et bronze.
Dimensions : h. 170 cm ; I. 400 cm ; pr. 250 cm.
Date 1976

 


En novembre 1975, les autorités ecclésiastiques américaines de l’Église de Philadelphie demande à l'artiste de s'intéresser à la mémoire de l'évêque Neumann, premier ecclésiastique américain canonisé le 19 juin 1977. La sculpture doit être exposée au congrès international eucharistique à Philadelphie en aout 1978. Puis installée définitivement dans cette ville, soit dans la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul, sort aux abords de la tombe de l'évêque, dans l'église Saint-Pierre.
Né en Europe centrale en 1811, saint John Neumann, devient le supérieur de l'ordre des rédemptionnistes aux États-Unis. En 1852, il est évêque de Philadelphie et apôtre des humbles. Sa mort tragique survient le 5 janvier 1870.
Le 26 janvier 1976, Ipousteguy définit la pensée directrice de son œuvre en ces termes : « La mort de l'évêque Neumann dans le dénuement et l'indifférence générale ». L'artiste ne subit aucune contrainte quant au matériau à employer pour réaliser la sculpture, et choisit d'unir le marbre et le bronze. Avec la représentation de l'anatomie humaine, le monument funéraire est un des thèmes principaux du sculpteur. L'œuvre n'est pas appréciée par le clergé américain. Ipousteguy en fait don à l'église de son village natal, Dun-sur-Meuse, le 1er juillet 1995.
Dans une lettre du 13avril 1976, Ipousteguy décrit la scène qu'il a représentée : « L'évêque étendu dans la neige est relevé par une enfant aveugle, tandis que la foule passe, indifférente à ce spectacle... Il était nécessaire à mon inspiration que l'événement se passe en hiver, un jour de neige autant que possible, et qu'une enfant y soit engagée. La présence de la neige était pour moi capitale pour la raison que cet évènement hostile se transmue ici pour recevoir la scène de pureté et d'innocence. C'est pourquoi je me suis autorisé de prêter au visage de la jeune aveugle celui de ma propre fillette décédée subitement en novembre 1974 après avoir écrit "j'aime Dieu" dans un petit dessin qu'elle offrait. » Quatre parties sont distinctes dans cette œuvre :
le corps allonge de l'évêque,
le visage de l'aveugle sous les traits de la fille de l'artiste, les jambes d'une « foule représentée d'une façon allusive et impersonnelle »,
la neige symbolisée par le marbre dont la blancheur donne une unité de lieu.
« Dans le projet initial des dés jonchent le sol. Ils portent le chiffre 666 donné à la bête dans l'apocalypse de saint Jean et qui rappelle que les soldats romains ont joué entre eux la tunique du Christ. »
Les visages de l'évêque et le masque de la petite fille constituent le noyau central de l'œuvre. « L'enfant qui est en communication avec l'évêque exprime, dans ma démonstration, la force du Bien. Cette force s'oppose à une autre, investie de l'idée de violence, représentée par la partie inferieure d'un uniforme d'armée ou de police et qui semble interdire aux passants l'accès du moribond. » L'évêque Neumann a trois visages ; « le premier volontaire et optimiste, enfoui dans la neige, est celui de sa lutte quotidienne pour sa foi. Du second, tourmenté par l'agonie, se décolle celui, enfin apaise, de sa rédemption tel qu'il est perçu par la petite fille qui, du coup, miraculeusement recouvre la vue. » « Quand on se place à gauche de la sculpture, on remarque que le visage du "combat quotidien" est dominé par le symbole de l'infini, en forme de 8, dessiné par les calottes sacerdotales. La main gauche de l'évêque préalablement vide, ne me semblait pas porter son message avec assez de conviction. J'aurais voulu exalter bien davantage la constante chaleur humaine qui irradiait de cet homme, En fait, il me fallait exprimer une tendresse qui fasse unité avec celle de la petite fille, dont la main gauche, secourable, est rendue visible à travers la poitrine de l'évêque... Le 23juin 1976, au soir, m'est venue l'idée de déposer dans la main de l'évêque un oiseau blessé... L'évêque était un être si bon, qu'au moment de son agonie, il aurait encore trouvé la force de secourir un oiseau blessé...» L'idée de masque ou de double visage sera reprise dans d'autres sculptures, Femme au bain, Scène comique de la vie moderne. Le sculpteur, comme Janus, a deux visages puisque l'avenir et le passé sont toujours présents à ses yeux.
L'œuvre refusée par le comité a sans doute été ressentie trop cruelle et violente, d'une audace incomprise, trop éloignée des « bondieuseries » et manquant de néon » ajoute Ipousteguy avec humour.


 

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♫  Beethoven : Symphonie nº 3, "Eroica"