Quelques mains d'annonciation

Angelin Preljocaj  
   
     
 

L'Annonciation 

 

(L'extrait vidéo)

 

 

Chorégraphie : Angelin Preljocaj
Musique : Stéphane Roy (Crystal Music) ; Antonio Vivaldi (Magnificat)
Interprétation : Ensemble international de Lausanne ; Orchestre de Chambre de Lausanne
Direction : Michel Corboz
Scénographie : Angelin Preljocaj
Costumes : Nathalie Sanson
Lumière : Jacques Chatelet
Notation : Dany Lévêque
 


« Quelle clé détient le concept de l’Annonciation ? Qu’est censé ouvrir en nous cet événement fondateur d’une religion ?

Alors que de nombreux peintres depuis deux millénair
es ne cessent d’interroger ce catapultage de symboles antinomiques qu’est l’Annonciation, il est étonnant de constater que ce thème à la problématique si proche du corps soit quasi-évacué de l’art chorégraphique.
Pourtant, ce qui est en jeu ici est évidemment fascinant.
Dans l’iconographie traditionnelle, Marie est souvent représentée dans un jardin clos qui symbolise sa virginité. Une similitude se dégage alors entre son espace intérieur et son environnement.

L’intrusion de l’ange dans cet univers intime apporte avec lui l’annonce du bouleversement métabolique de son corps. C’est pourquoi, bien que dans le texte la Vierge exprime une soumission sereine à l’événement, de nombreux artistes lui ont donné des attitudes exprimant le doute, l’inquiétude, voire la révolte.
Cette simultanéité étrange entre soumission et révolte, cette déflagration de l’espace et du temps, nous signifient qu’au moment même où le message est délivré le processus biologique de la fécondation est en route. On est en fait dans l’acte concepteur.

Cette genèse par glissements successifs nous ramène évidemment au mécanisme même de la création artistique, le message passant du virtuel au réel. Ce que l’on appelle aujourd’hui l’art conceptuel ne serait-il pas, plutôt qu’un art abouti, l’annonce d’un art nouveau, l’Annonciation d’un art à naître ? »

Angelin Preljocaj

 

 

EXTRAITS DE PRESSE

 

Une cathédrale pour l’Ange d’Angelin

« …le chorégraphe a conçu une pièce forte et dramatique qui dépasse de très loin l’imagerie mièvre et naïve des Annonciations sulpiciennes.
Les rapports entre les deux femmes sont d’ailleurs complexes et ambigus…Les attitudes sont belles et très picturales : la Vierge assise et effrayée et l’Ange à genoux, un doigt toujours tendu vers le ciel, évoquent souvent la Renaissance italienne, bien que les deux danseuses, Julie Bour, Vierge intimidée, et Claudia de Smet, ange porteur de lumière, soient vêtues de courtes petites robes modernes. Le langage chorégraphique d’Angelin Preljocaj est riche et varié, très expressif dans le jeu des visages, élégant et inventif dans la gestuelle des bras et des mains… »

René Sirvin
Le Figaro, 31 juillet 1996

Marie pleine de grâce sanctifiée par le chorégraphe Angelin Preljocaj

« On reconnaît tout le talent de Preljocaj dans sa maîtrise à passer des étreintes les plus charnelles aux gestes les plus brusques. Rien n’est gratuit dans ce va-et-vient entre l’humain et le divin. Et surtout pas le choix de reprendre les clichés liés à la représentation picturale de l’Annonciation…Le chorégraphe ne souhaite pas casser le symbole, il l’enrichit simplement d’une dimension fondamentale, celle de la complexité des sentiments humains. L’Annonciation a la force de l’étreinte amoureuse ou celle de l’accouchement. De ce mélange d’extase et de douleur, on ne ressort pas indemne. »

Sonia Leval
Le Journal de Genève, 28 septembre 1995

 

« L’Annonciation… s’est accaparée d’un des thèmes les plus sacrés de l’iconographie catholique, et l’a mis sens dessus dessous. L’étonnement de la Vierge Marie à l’écoute de la nouvelle de sa grossesse imprévue, un moment de révélation sublime : il y avait plus qu’un peu d’attirance entre l’ange sensuel de Claudia De Smet et la nubile Marie dansée par Julie Bour. La langueur post-organique de l’ange, et l’ambivalence émouvante de la Vierge à la fin de leur événement béni sont des images inoubliables, d’une sexualité enchevêtrée. »

Octavio Roca
San Francisco Chronicle (Etats-Unis), 3 octobre 1998

 

 

Cette chorégraphie a reçu le Bessie Award 1997 à la treizième édition du New York Dance & Performance Award

 

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Antonio Vivaldi : Salve Regina - i Eia ergo