Antonio Pollaiolo - Hercules and Antaeus 1480 Héraclès  

 

 
 

 

 

 

Les douze travaux
     
 

Le Lion Némée - L'hydre de Lerne - La biche de Cérynie - Le sanglier d'Érymanthe - Les oiseaux de Stymphales - Le taureau de Crète - Les écuries d'Augias - Les juments de Diomède - La ceinture d'Hyppolyté - Le troupeau de Géryon - Les pommes des Hespérides - La capture de Cerbère

1. Le Lion Némée:

Eurysthée demanda d'abord au héros de lui apporter la peau du lion de Némée. Cette terrible bête était l'épouvante d'un val boise de l'Argolide. Ses rugissements étaient tels que, quand les entendaient laboureurs et bergers, la pale crainte les tenait tous enfermes et blottis au fond de leurs cabanes. Héraclès, tenant d'une main son arc et son carquois, et de l'autre, sa noueuse massue, s'en vint à la rencontre de ce redoutable destructeur de troupeaux. Une par une, il décocha contre lui toutes ses flèches mortelles. Mais l'énorme animal était invulnérable ; sa peau était si dure que le fer aigu ne pouvait l'entamer, et que les traits, inutiles, tombaient sur le gazon ou ricochaient sur le sable. Indigne de l'insuccès de cette première attaque, Héraclès s'arma de sa lourde massue et se mit en criant à poursuivre le fauve. Le lion effrayé se retira dans un antre qui avait deux entrées. Le fils d'Alcmène en boucha l'une et pénétra par l'autre. Le monstre alors hérissa sa crinière, et, gueule rugissante, se tint prêt à bondir. Enveloppe de son rouge manteau, Héraclès se défendit en tendant d'une main une flèche acérée, et de l'autre, levant sa terrible massuAntoine Bourdelle - Héraclès archer - 1909 - 2,47 m x 2,48 m x 1,23 me, il la fit tomber sur le crane d'airain de cette bête indomptable. Le coup fut si violent que la massue en deux tronçons se brisa. A moitie assommé, le lion chancelait. Jetant alors ses armes, Héraclès s'engagea dans un périlleux corps à corps. D'un bras vigoureux il étreignit le fauve et le serra si fort sur sa vaste poitrine qu'il réussit à lui arracher l'âme. Quand il l'eut étouffé, Héraclès écorcha l'animal, et se revêtit de sa fauve toison comme d'une cuirasse impénétrable au fer.

2. L'hydre de Lerne :

Le deuxième travail confié à Héraclès fut de tuer l’hydre de Lerne. Dragon énorme dont le corps de reptile était surmonté de neuf têtes, l'hydre habitait le marais fangeux et méphitique de Lerne. Lorsqu'elle sortait de sa retraite, elle ravageait les campagnes et dévorait les troupeaux. Son souffle était empoisonné, et quiconque respirait son haleine ne tardait pas à mourir. Dans sa lutte contre ce fléau des campagnes d'Argos, Héraclès fut aidé par son fidele compagnon, lolaos. C'était lui qui conduisait, en cette expédition, le char du héros. Quand ils furent tous les deux   sur les bords du marais, Héraclès, pour forcer l'hydre à se montrer, lança dans les roseaux une grêle de traits. Puis, comme le monstre parut en redressant toutes ses têtes, il s'approcha et essaya à grands coups de massue de les abattre. Mais, du sang d'une tête abattue, il en renaissait deux, et le combat ainsi semblait interminable. Héraclès alors appela lolaos. Ce zélé serviteur mit aussitôt le feu à une forêt voisine, et, avec des brandons, il brulait les têtes renaissantes et les empêchait de se développer. Quand l'hydre n'eut plus qu'une tête, Héraclès la coupa, et l'enfouit en terre sous une grosse pierre. Le monstre n'était plus qu'un immense cadavre. Avant de s'en aller, le fils d'Alcmène trempa ses flèches dans le venin de la terrible bête, et les rendit ainsi empoisonnées.

3. La biche de Cérynie :

Eurysthée ordonna ensuite à Héraclès de lui apporter vivante la biche du mont Cerynée. Or, cette merveilleuse biche, consacrée à Artémis, avait des cornes d'or et des pieds d'airain. Infatigable a la course, jamais personne n'avait pu la rejoindre. Aussi, quand Héraclès se mit à la poursuivre, la chasse qu'il lui donna ne dura pas moins d'un an. Entrainant son chasseur avec elle, la biche courut d'un trait jusque dans la contrée des Hyperboréens. La, l'animal fatigué retourna sur ses pas et refit, en sens inverse, le chemin que déjà il avait parcouru. A un moment de sa course, comme la biche hésitait à traverser un fleuve qu'avaient grossi les pluies, Héraclès gagna du terrain, fondit sur elle, la saisit par les cornes, la chargea vivante sur ses larges épaules, et vint la remettre entre les mains d'Eurysthee.Antonio Pollaiolo - Hercules et l'hydre 1480

4. Le sanglier d'Érymanthe :

A peine de retour au palais de son maître, Héraclès reçut l'ordre d'aller à la recherche du sanglier d'Erymanthe. II devait capturer et apporter vivante cette bête terrible, qui ne quittait sa bauge que pour porter la mine dans les beaux champs de l'idyllique Arcadie. Le héros partit armé, comme à son habitude, de sa massue et de ses flèches. Après avoir battu tous les fourres et fouillé maints taillis, Héraclès parvint à découvrir ce sauvage animal. Il lui donna alors une chasse impitoyable, le poursuivit sans relâché sur les hautes montagnes recouvertes de neige, le lassa, l'épuisa et le contraignit enfin à se tapir, hors de souffle, dans une gorge étroite et sans issue. Le sanglier était pris, et Héraclès revint en le portant sur sa robuste épaule.

5. Les Oiseaux du Stymphale :

Au milieu d'un marais couvert d'épines et de broussailles, et sur le bord d'un lac qu'on appelait Stymphale, vivaient, en se repaissant de chair humaine et à l'abri même des loups, des oiseaux monstrueux. Ces nourrissons d'Arès, du Dieu farouche de la guerre, avaient le bée, les serres et les ailes en airain. Ils se servaient de leurs plumes comme de traits acères pour tuer les passants et tirer d'eux leur pâture. Héraclès fut charge de chasser de leurs marais ces volatiles voraces qui, non contents de dévorer les troupeaux et les hommes, dévastaient les jardins et souillaient les récoltes. Pour les faire sortir de leur inabordable retraite, ce héros magnifique se servit de cymbales. Poste sur une montagne voisine, il fit tant de bruit avec ces instruments que les oiseaux par nuées s'envolèrent, ce qui permit à ce vaillant tireur d'arc de les abattre et de les exterminer.

6. Le taureau de Crète :

La sixième tache qu'Eurysthée assigna au valeureux fils d'Alcmène fut la lutte contre le taureau de Crète. Héraclès ne devait point le tuer, mais le poursuivre, le saisir et l'apporter plein de vie à Mycènes. Minos, roi de Crète, ayant un jour promis d'offrir au Dieu des mers ce que ce Dieu ferait sortir des flots, Poséidon fit émerger des vagues un superbe taureau. Si beau en effet était cet animal, que Minos, ne pouvant se résoudre à le sacrifier, crut accomplir son vœu en lui substituant une moindre victime. Outre de cette déloyauté, Poséidon rendit furieux l'animal, et ce taureau devint la terreur du pays. Héraclès, pour se conformer aux ordres de son maître, aborda en Crète. Dès qu'il vit l'animal, il fonça sur lui, l'empoigna par les cornes et le contraignit a plier les jarrets ; puis le maîtrisant dans un solide filet, il le chargea sur ses fortes épaules et le porta, en traversant la mer, jusqu'aux pieds d'Eurysthée.

7. Les écuries d'Augias :

Eurysthée imposa ensuite a Héraclès le répugnant travail de nettoyer en un jour les écuries d'Augias, roi d'Élide. Or, ce prince possédait d'innombrables troupeaux. Ses étables, où étaient enfermés plus de trois mille bœufs, n'ayant pas été depuis trente ans nettoyées, étaient encombrées d'un fumier si épais, qu'on ne parvenait pas à supprimer l'odeur nauséabonde qui se répandait aux alentours. Pour venir à bout de cette tâche, Héraclès perça une ouverture dans un des murs de l'étable, détourna le cours de l'Alphée, et fit couler à travers l'écurie le torrent de ses ondes purifiantes et rapides.

8. Les juments de Diomède :

Fils du cruel Arès, Diomède était le roi d'un peuple de sauvages. Il possédait des cavales qui vomissaient feu et flamme, et auxquelles il donnait en pâture les étrangers que la tempête rejetait sur ses côtes. Chargé par Eurysthée d'amener ces cavales à Mycènes, Héraclès s'embarqua avec quelques amis, aborda en Thrace et parvint aux écuries de Diomède. Là, après avoir terrassé les valets qui pansaient les cavales, le fils d'Alcmène se saisit de Diomède et lui fit subir, en le donnant à manger dans leurs crèches de bronze à ses propres juments, le même supplice qu'il avait fait endurer à de si nombreux naufrages. Des qu'elles eurent dévoré les chairs de leur maître, Héraclès détacha les cavales et les conduisit au palais d'Eurysthée.

9. La ceinture d'Hyppolyté :

Une autre fois, comme la fille d'Eurysthée, Admète, désirait la magnifique et superbe ceinture que possédait Hippolyte, reine des Amazones, ce prince, pour être agréable à sa fille, chargea Héraclès d'aller à lui chercher. Quand le héros, avec de nombreux compagnons, fut arrivé au pays des Amazones, femmes guerrières qui combattaient à cheval en tirant de l'arc ou en maniant la hache, et qui vivaient, disait-on, aux bords lointains de la mer Noire, formant un peuple sans hommes, leur belle reine, Hippolyte, le reçut d'abord avec grande bonté et lui promit de lui donner sa ceinture. Mais l'ennemie d'Héraclès, Héra au trône d'or, déguisée en Amazone, excita l'indignation de ces vierges guerrières, en leur disant qu'Héraclès était venu leur enlever leur reine. Une lutte terrible s'engagea contre lui. Un grand nombre de farouches cavalières dans la mêlée succombèrent. Leur reine elle-même fut tuée par Héraclès, et le héros put ainsi facilement enlever la précieuse ceinture et l'offrir à Admete, la fille de son maître.

10. Le troupeau de Géryon :

Comme dixième épreuve, Eurysthée exigea qu'Héraclès lui amenât les bœufs roux de Géryon. Ce géant colossal, dont les énormes flancs se ramifiaient en trois corps, habitait une île au fond de l'Occident, et possédait un troupeau de bœufs rouges, gardés par un monstrueux bouvier et par un chien à trois têtes. Pour obéir à cet ordre nouveau, Héraclès partit pour la région où le soleil se couche, en longeant la cote africaine. Arrive au détroit qui sépare l'Europe de l'Afrique, il éleva deux colonnes, une sur chaque continent, pour commémorer son passage. On les appela depuis les Colonnes d'Hercule. La, comme le Soleil très ardent incommodait Héraclès, le héros tendit son arc pour décocher des flèches contre lui. Etonné de cette audace, le Soleil, pour apaiser le vaillant fils d'Alcmène et lui permettre de continuer sa route, lui prêta la large coupe d'or qui, lorsqu'il descend du ciel, le transporte à travers l'Océan et la nuit, jusqu'au rivage ou il doit remonter dans le ciel et recommencer à éclairer le monde. Héraclès s'embarqua dans cette coupe, et parvint sans encombre au terme du voyage. Ayant mis pied à terre, le fils d'Alcmène passa la nuit sur une haute montagne à épier les troupeaux. Mais le chien vigilant, qui gardait les bœufs roux, le flaira, aboya, et pour le dévorer se précipita sur lui. D'un coup de sa massue le héros l'assomma. Le bouvier, qui était accouru, subit le même sort. Enfin, après avoir à coups de flèches, abattu le formidable Géryon, Héraclès se réembarqua, avec tout le troupeau, sur la large coupe qui sert de navire au Soleil. Pour revenir à son point de départ, Héraclès traversa de multiples contrées. Quand il arriva sur les bords du Rhône, il fut attaqué par les habitants qui en peuplaient les rives, et qui jalousaient la beauté de ses bœufs. Ses adversaires étaient là, si résolus et si nombreux, qu'après avoir épuisé son carquois, et reçu lui-même de profondes blessures, il se trouva réduit à toute extrémité. Il implora alors le secours de son père, et Zeus fit tomber sur les assaillants de son fils une grêle de pierres. Depuis ce jour, la vaste plaine en fut toute couverte, et c'est la l'origine, dit-on, des cailloux de la Crau. Quittant la Gaule, Héraclès traversa l'Italie, l'Illyrie et la Thrace. Mais au moment où il se croyait à la fin de ses peines, un taon, envoyé par Héra, affola son troupeau et le dispersa dans les hautes montagnes. Le fils d'Alcmène en rassembla avec peine la plus grande partie ; ce qu'il ne put rejoindre et emmener à Mycènes resta dans les forets et y devint sauvage.

11. Les pommes des Hespérides :

A peine revenu de cette lointaine expédition, Héraclès reçut de nouveau la mission de se rendre près de l'endroit ou disparaît le soleil. Il devait y cueillir et apporter à Mycènes les pommes d'or du jardin des Hespérides. Filles de l'étoile du soir, les Hespérides habitaient en effet un parc merveilleux dont les arbres étaient, en toutes les saisons, chargés de fruits dorés. Docile aux ordres reçus, Héraclès reprit la route de l'Occident, mais il ne savait où trouver le mystérieux séjour de ces filles du soir. Après avoir longtemps erré, il arriva un jour sur les bords de l'Eridan. Là, des Nymphes gracieuses lui conseillèrent de s'adresser à Nérée, le vieillard prophétique des mers, qui en connait tous les secrets. Héraclès écouta leur avis. Ayant trouve Nérée endormi sur le rivage, le héros l'enchaina, et le somma de lui révéler la retraite ou se cachaient les belles Hespérides. Pour effrayerHéraclès et les pommes Héraclès, Nérée successivement se transforma en lion, en serpent, en flammes. Rien n'y fit. Le fils d'Alcmène ne lâcha point sa proie avant d'avoir obtenu gain de cause. Quand il sut où il fallait se diriger, il passa en Afrique, gagna les confins du monde occidental et atteignit les portes d'or de ce jardin bienheureux. Là, non loin des harmonieuses Hespérides, relégué par une dure loi aux extrémités de la terre, un géant formidable, Atlas, soutenait de sa tête et de ses mains infatigables la voute immense du ciel. Or, comme un dragon couleur de feu gardait l'entrée du parc et ne laissait qui que ce soit en franchir les portes redoutées, Héraclès demanda à Atlas quel était le moyen de s'emparer des pommes. Le porteur du ciel s'offrit d'aller les cueillir, à condition que le héros veuille, durant ce temps, prendre et garder le firmament sur sa solide épaule. Le fils d'Alcmène accepta, et, pendant qu'Atlas s'occupait à dépouiller les pommiers de leurs fruits, Héraclès portait le poids de la voute céleste. Quand le géant revint, il déclara vouloir aller porter lui-même son butin à Mycènes. Héraclès feignit d'entrer dans les vues du déloyal Atlas :

Je veux bien, lui dit-il, que tu ailles toi-même porter à Eurysthée les pommes qu'il réclame. Mais, avant de partir, reprends quelques instants le ciel sur ton épaule, jusqu'à ce que j'aie fait un bourrelet pour soulager ma tête, et amortir le poids de cette lourde charge. Sans défiance, Atlas se laissa prendre et rechargea le ciel sur ses épaules. Héraclès, une fois délivré, saisit les pommes et courut les porter à son maître Eurysthée.

12. La capture de Cerbère :

Enfin, comme dernière épreuve, Eurysthée prescrivit à Héraclès de descendre aux Enfers et de ramener Cerbère, le chien de garde des portes souterraines. II descendit donc, accompagné d'Hermès, dans le gouffre des Morts. Il traversa de grands fleuves de flammes et des torrents de boue. Puis, quand il parvint aux pieds du trône de l'inflexible Hadès, il exposa au souverain des Enfers le but de son voyage. Hadès lui permit d'emmener Cerbere à la lumière du jour, a condition néanmoins qu'il se rendit maître de ce terrible gardien sans le secours d'aucune arme. Or, Cerbère était un chien à trois têtes dont le corps efflanqué se terminait par une queue de dragon. Sa voix d'airain sonore faisait trembler tous ceux qui l'approchaient. Sans arme donc, revêtu simplement, en guise de cuirasse, de sa peau de lion, Héraclès vint au-devant de ce monstre aux aboiements terrifiants, le saisit par le cou, juste à l'endroit où se réunissaient ses trois têtes, et, quoique mordu, il le serra si fort que le chien, se sentant étouffé, se résigna à le suivre. Héraclès alors enchaina cet intraitable animal, le tira hors du gouffre et vint le montrer à son maître Eurysthée. Terrifié, ce prince aussitôt donna l'ordre de renvoyer ce monstre aux cris affreux dans le sombre Tartare.

Aemme, prise de jalousie, et croyant ainsi se délivrer de sa rivale, trempa une blanche tunique dans le sang du Centaure, et la remit au messager qui venait la chercher. Héraclès, s'étant mis en demeure d'offrir son sacrifice, s'en revêtit. Mais à peine l'avait-il endossée que le venin de l'hydre, qu'avaient inoculé dans le sang de Nessos les flèches du héros, pénétra dans sa chair et fit courir comme un feu dévorant à travers tout son corps. Eperdu de douleurs, il voulut arracher cette brulante tunique, mais elle restait collée à tous ses membres, et les morceaux qu'il en détachait emportaient avec eux des lambeaux de sa chair. Sentant, avec le feu qui rongeait la moelle de ses os, sa dernière heure arriver, le fils d'Alcmène, pareil au tigre qui porte un javelot attaché à son flanc, gravit en hurlant les pentes de l'Oeta. De sa puissante main, il déracina des chênes et des pins, et les entassa au sommet de la montagne. Ce dernier travail achevé, Héraclès monta sur cet énorme bucher. Bientôt après, des flots de fumée avec de longues flammes allumèrent dans le ciel un immense incendie. Le corps du héros allait être consumé quand on vit, environné de tonnerres et d'éclairs, un nuage doré descendre sur la terre. Il en sortit un char et quatre blancs coursiers. Héraclès, purifié par le feu, y monta, et la nuée lumineuse, enveloppant le char, disparut dans l'Olympe. Introduit au sein des joies parfaites et d'un calme repos, Héraclès habita désormais dans la maison des Dieux ; et, pour récompenser sa vie laborieuse, Héra lui offrit en manage sa propre fille, Hébé, ou la Jeunesse éternelle.

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