Picasso: Oeuvres

 

 

 

Les Trois Musiciens

 

 

 

 

 

 

 

 

             Les deux versions des Trois Musiciens résument l’expérience et les conquêtes du cubisme dans l’œuvre de Picasso. Cette œuvre exprime avec force, lyrisme et rigueur, en utilisant des papiers collés et emplissant un espace mural d’une dimension monumentale. Cette œuvre est du cubisme synthétique, qui marque un retour aux couleurs vives contrairement au cubisme analytique, dont la palette est limitée à une ou deux couleurs sombres. Dans cette phase on synthétisait des formes de couleurs plates pour créer des objets dans l’ensemble. Dans la première phase les formes étaient un assemblage de pièces cassées de formes géométriques, comme dans Le Portrait de Kahnweiler où la figure du collectionneur, n’est presque pas reconnaissable parmi le nombre des rectangles et des triangles. Par contre une peinture de cubisme analytique se compose de formes géométriques, et c’est une synthèse de formes séparées et pas une division de quelque chose de complet, en des fragments. Il y a encore un aspect géométrique des formes qui sont réduites à l’essentiel et à une simultanéité de points de vue différents comme dans le cubisme analytique.
             Deux versions de ce tableau existent. Toutes les deux ont été peintes laDaniel-Henry Kahnweiler- 101,1x73,3 cm 1910 même année et elles représentent les trois personnages de la Commedia dell’arte : Pierrot joue de la clarinette, Arlequin joue du violon à gauche, et à droite, Capucin semble jouer de l’accordéon. Dans l'autre version, Pierrot joue encore de la clarinette, Arlequin joue de la guitare au centre, Capucin tient les partitions et allongé au-dessous la table, il y a un chien noir qui est assez difficile à percevoir. On peut confondre ce chien avec l’ombre de la table ou celui des jambes des personnes. La permutation des personnages n’entraîne nulle modification dans leurs gestes, il semble néanmoins que la première version soit plus concise dans l’abréviation de ses formes, alors que la seconde cherche à les rendre plus complexes. On voit qu’il n’y a pas de lumière réaliste dans ces deux tableaux, il semble que tout est éclairé en même temps, et que les objets et les personnages manquent de volume. Les personnages sont créés par des formes géométriques plates qui ne donnent pas l’illusion d’un espace réel. L’aspect de deux dimensions des matériaux de l’œuvre est accentué. De plus d’un point de vue est montré en même temps. Mais il y a beaucoup moins de perspectives différentes dans ces deux tableaux que dans celle qui est typique du Cubisme analytique. Les deux tableaux montrent deux points de vue : on voit en même temps les musiciens et les partitions qu’ils regardent. Et les personnages et les objets sont assez reconnaissables bien qu’ils soient abstraits. On ne s’occupe pas du volume et de ces formes. Ces œuvres sont de l’huile sur toile mais on dirait des collages, comme la petite main d’Arlequin qui tient l’archet du violon semble avoir été coupée d’un autre papier qui est collé sur son bras de dessin rouge et jaune, qui a la même apparence. En fait, toutes les autres formes de couleurs ou de dessins qui construisent les personnes et les objets ensemble, ont l’air d’être des morceaux de papier collés en une composition. On peut dire que Picasso a essayé de créer une illusion opposée de l’illusion de la nature, ou quelque chose d’artificiel.
L’œuvre a un peu d’humour. Les personnages appartiennent à un groupe d’artistes amusants pour les spectateurs. La façon dans laquelle ils ces personnages sont représentés est comique. Par exemple, leurs corps ne sont pas ceux qu’on prévoit comme représentation de ces personnages. Alors, ces deux peintures ont une atmosphère différente de ses œuvres précédentes qui étaient souvent plus sérieuses et sombres.
           Maurice Reynal écrit : "Ces Trois Musiciens multiplient en une sorte d'anthologie la plupart des découvertes de l'expérience cubiste. Avec ce chef d'œuvre d'humour poétique, Picasso semble mettre un point final à ses évocations plastiques de personnages abstraits, inspirés de la comédie italienne".
On peut considérer les Trois Musiciens comme une manière de célébration du théâtre, une mise en page du bariolage des masques et des costumes soudains saisis dans le faisceau des projecteurs, une héraldique du jeu et de la pantomime.

 

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Serguei Prokofiev : L’Amour des trois oranges